Cela fait 19 ans que je me rends à Bakou après y avoir habité pendant

, 4 ans ½  et ça fait 22 ans  1/2 que j’y ai rencontré les enfants… Mardakan , Bilqay, Armedli, Umud yeri….

Que de changements !  si je devais me rendre au volant d’une voiture pour Mardakan, Bilqay, Armedli ??  j’en serais incapable : que de grandes routes !…de ponts… ! heureusement dès le départ de l’aéroport, le mardi , lorsque j’arrive, Seyran et sa femme Gulshan, leurs deux adorables petites filles, Ayline et Melek m’attendent.   
Seyran est à la fois taxi et professeur de danse, taxi, c’est pour boucler ses fins de mois car il n’est pas facile de trouver des salles pour enseigner et danser comme il le voudrait.

Gulshan, parfois, remplace les professeurs de danse absentes dans l’école où se trouve sa fille Melek. Elle espère en septembre trouver un emploi de coiffeuse.   Petit rappel, la petite Ayline est à l’école de danse et de chorégraphie à Bakou, depuis septembre 2018 à l’âge de 6 ans ½ même âge que sa maman Gulshan lorsque je l’avais mise  dans la même école, il y a 22 ans !

Le mercredi nous filons à Bilqay, j’ai appris que Djehoun, Sacha, Lena et Julia étaient enfin rentrés dans leur Internat pour adultes … et oui, tout ce petit monde que j’ai connu à 2 ans, 4  ans, 6 ans et autres se trouvent chez les adultes, c’est presque normal ! Je dis presque car Sacha, Lena, Julia et leur frère Slavitch pourraient vivre dans une maison ou un appartement. Aux dernières nouvelles, une des jeunes filles sera mariée prochainement et elle abriterait ses sœurs et peut-être son frère ?  à suivre. J’espère assister au mariage.

Je n’ai pas vu Slavitch… lui qui est si maigre. Est-il malade ?

Djehoun est toujours aussi joyeux, très maigre depuis son séjour dans un internat à la campagne mais  c’est toujours un vrai plaisir de le voir.. « ma fille Gulshan » rêverait d’avoir un assez grand appartement avec une pièce exprès pour lui.  A voir ….A voir aussi qu’il revienne en vacances à Paris ?

Je dis « ma fille » car pour moi, elles sont toutes mes filles . Presque tous les jours, elles m’envoient  de leurs nouvelles par WathsApp et suis au courant de presque tous leurs problèmes.

Le lendemain : Mardakan, tous les enfants sont malades, impossible de les voir..    Je donne les pommes achetées au marché (le yashil bazar) aux dames de la cuisine en pleine préparation du repas de Novrouz (la Fête du Printemps toujours très fêtée, vacances pour tout le monde !) Je n’insiste pas car je n’ai pas envie de transmettre une maladie aux enfants que je rencontre. Je laisse l’énorme tas de vêtements récoltés auprès des amies en France (GRAND MERCI) et de ma fille « Fatma » (qui a trois enfants)  à l’entrée de l’établissement, les femmes de service se chargeront de la distribution…

Jeudi : avec Nazrin et Gulshan,  courses dans un immense marché où l’on peut se promener pendant plusieurs heures en s’y perdant…. Que de vêtements, chaussures et objets en tous genres… je fais le plein pour les enfants de Fatma, Nazrin, Gulshan et pour elles-mêmes.

Je rentre plutôt épuisée !

Le vendredi, re-courses mais pas dans le même quartier. Nous assistons à quelques spectacles de danse le long de la mer Caspienne mais il fait froid et il pleut… retour à l’hôtel de tout ce petit monde ! Le soir, nous nous retrouvons tous à la Pizzeria que nous connaissions il y a 22 ans !   elle existe toujours ! les enfants, devenus parents, amènent leurs enfants et c’est toujours une grande joie. Nous fêtons les anniversaires et ce sont les retrouvailles avec Fizouli, (Fizouli qui est handicapé nous annonce qu’il est chauffeur de taxi et qu’il a une voiture ! ) Nourlan qu’il a du travail dans l’électricité (ça tombe bien car Bakou est très éclairé la nuit !) déjà écrit : il était danseur mais pas suffisament bon pour continuer dans cette voie.

Et puis, il y a Gulnara et ses deux filles , Gulnara s’occupe du secrétariat d’une chanteuse et gagne sa vie. Elle est divorcée mais elle avait été mariée par la Directrice de l’établissement où elle était placée – Armedli -(après avoir échappé à Mardakan où elle n’avait pas sa place. Mardakan n’a normalement  que des enfants handicapés. Maintenant on y fait très attention. )

Samedi, nous allons tous au théâtre de marionnettes, un ravissant petit théâtre au bord de la mer Caspienne.  Les enfants de « mes filles » sont heureux ! et le midi au restaurant le même aussi depuis très longtemps, nous sommes connus !

Ainsi s’achève ce petit  voyage… L’école d’Ahmedli n’a jamais rouvert ses portes.   J’hésite à aller à Umud Yeri. Prendre de nouveaux enfants serait difficile, j’en ai assez à m’occuper même de Paris !

Arzu est toujours prof de français,  Donia Mali a complétement disparu, on suppose qu’il est en Georgie.

Et parfois, dans la rue nous rencontrons certains jeunes gens que nous avons connus à Umud Yeri  dont la vie est très difficile car trouver du travail n’est pas facile.

Prochain voyage : début septembre